De la force de l'engagement. Camarades, signons ensemble.

Publié le par Ptit-Seb

Mes chers amis,

 

Je le sais, tenir des propos un peu trop engagés n'est pas sans risque sur internet. Je l'ai déjà payé cher. Souvenez vous cette mémorable plaidoirie sur l'oppression fromagifère que j'avais osé, Ô rebel ! écrire sur mon blog, alors hebergé chez 20six.fr, que je méprise. Bien cruelle fut la punition. A peine quelques jours s'écoulèrent avant qu'un soit disant hackage sur la plateforme 20six ne vienne réduire à néant 6 mois d'articles. Je ne suis pas naïf, je sais que les services secrets français, me voyant mettre en péril le second coeur de notre économie (le premier étant le saucisson, dont jamais je ne tairai les louanges), ont forcé 20six à me nuire. Les poltrons n'ont évidemment pas manqué de céder.

 

Malgré ce traumatisme et cette perte terrible, je décide aujourd'hui de récidiver, et j'appelle votre soutien dans une nouvelle cause, beaucoup plus sérieuse. Is s'agit d'une cause trop délaissée, que personne ne semble vouloir voir. Le gouvernement ferme les yeux, les syndicats n'ont pas le courage de monter au créneau, et nous, faibles mortels, nous pensons que les dés sont jetés, et que nous devrons simplement... accepter. 

Ce dont je vous parle est très sérieux. C'est un problème de couleur. Un problème de noir, de blanc. Plus précisemment de tableau noir, de tableau blanc. Car depuis trop longtemps, le tableau blanc, malgré ses inombrables défauts, tend à prendre le dessus sur le vrai tableau, le tableau noir, avec des craies. Il agit en catimini, on ne le voit pas. On le découvre trop tard, en entrant dans la classe, alors qu'il est déjà solidemment ancré au mur. Qui sait ce qu'est devenu l'auguste tableau noir dont il a pris la place, et qui assurait si bien son rôle ? 

Il est vrai, il est vrai, qu'un tableau, même noir, est éphèmère. Certes les rayures, les traces de craie ne pouvant plus s'effacer, finissent par mettre à terre cet incroyable objet, mais au bout de combien, 20 ans ? 30 ans ? peut être 40 ! N'est pas 10, 20 fois plus que la durée de vie de son homologue blanc ? N'est ce pas 10000, 100000 fois plus que la durée de vie de ces "feutres", qui, par définition, ne marchent JAMAIS plus de 3 minutes ? Est ce délibéré que les étudiants soient condamnés à ne plus rien voir au tableau, est ce un complot, visant à promouvoir l'autre grand ennemi ? Cet ennemi plus fourbe encore, mille fois plus dangeureux et qui signera la ruine, déjà bien entamée, du système éducatif français : le vidéoprojecteur, toujours avec son démoniaque allié, Power Point. (Je reviendrai un jour sur ce duo maléfique).

Il est vrai aussi, incontestablement, que les craies donnent parfois envie de se pendre, lorsqu'elles provoquent ce crissement hostile qui fait sursauter l'étudiant en pleine sieste, et qui est inévitablement suivi d'un "CASSE TA CRAIE !" (Private Joke. C'est cadeau Clément, lache toi). Il est vrai que parfois, l'épaisseur de poussière accumulée dans le bac à craie n'est pas sans provoquer quelques inocents éternuments ; il est indébiable enfin, qu'on ne se débarasse jamais vraiment de la craie qu'on a sur les mains, quand bien même on la frotte vigoureusement, mais vainement, sur son jean propre. 

Cependant, Ô combien plus lisible est la marque de la craie écrasée sur le tableau noir, que celle, pâlotte et froide des feutres bleu, puis noir, puis vert, tous essayés successivement dans l'espoir d'en trouver un en état de marche ? Une craie, elle, est TOUJOURS en état de marche, même cassée en deux, même réduite à une taille si petite qu'elle tient à peine entre vos doigts ! 

 

Alors mes amis, je vous exorte de signer la pétition suivante, en indiquant vos nom et votre ville, ainsi que votre commentaire en dessous de cet article. 

Nous, signataires, nous déclarons opposés à l'oppression du tableau blanc, dont la présence dans une salle de classe a moins d'utilité qu'un citronier dans un salon de capiliculture. Nous contestons cette farce, qui quelqu'en soit l'origine (encore ces salauds de capitalistes qui voulaient faire tourner un business !), nuit gravement à la santé et à la progression des étudiants.

Nous pensons enfin qu'un vrai professeur, doit savoir écrire avec une craie et en avoir de toutes les couleurs, rangées dans la poche de sa blouse. Nous pensons en outre que le port de la blouse pour enseigner devrait être obligatoire, et qu'il n'est pas envisageable sans lunettes rondes, outils indispensables au travail sur tableau noir. 

OUI AU TABLEAU NOIR ! On veut de la poussière sur les mains, on veut tousser et pourrir la vie des gens en faisant grincer la craie ! On en a marre que les gens nous demandent de changer de feutre quand on passe au tableau ; "mais connard, y'en a aucun qui marche !" 

Pour renforcer notre contestations, et à l'image de ce jeune enseignant que je ne citerai pas, mais qui en ce premier jour, écrivit son nom au tableau noir à l'aide d'un feutre, nous nous engageons à désormais utiliser des craies pour écrire sur tableau blanc. (Laurène si tu as un tableau blanc et que tu fais le coup de la craie, demande à tes petiots de prendre des photos).

 

Je m'arrête ici, interrompu par une fanfare en bas de chez moi. Je vous laisse avec une vidéo en noir et blanc.

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Gérard 28/03/2011 12:45



Personnellement, je préfère le noir. Enfin, pas de manière générale mais là si.


Jolie, la référence à "Chat Noir, Chat Blanc" ;-)


 


Remarque : j'ai déjà vu un citronnier dans un salon de capiliculture. Et aussi un balai chez Indiana.



laurene 26/03/2011 22:19



J'ai un tableau blanc, et je dois dire que je suis assez d'accord avec toi : ça ne remplace pas le bon vieux tableau noir. Je passe tous les sous de ma coopérative dans les feutres qui durent 2
semaines (et encore, s'ils ne tombent pas entre les mains d'horribles enfants qui appuient dessus comme des forcenés et les abîment en moins de deux). C'est tellement plus agréable d'écrire à la
craie ! Surtout que maintenant ils font de super porte-craie : donc plus de poussière sur les mains ! J'ai fait ce métier parce que j'adorais écrire sur les tableaux à la craie et me voilà avec
un pauvre tableau blanc (bon qui a quand même l'avantage de permettre de projeter des images dessus (encore faudrait-il que j'ai un projecteur...)). Vive les tableaux noirs et vive les craies !
(maintenant que j'ai débité des conneries, je vais me coucher, et pour le fait d'écrire à la craie sur le tableau blanc, j'essaierai (c'est bientôt le 1er avril, je pourrai me lâcher), mais c'est
pas gagné !). Bisous le frérot !



Clément 26/03/2011 17:02



Yes, 1er signataire de la pétition ! Sauf si quelqu'un écrit en même temps que moi !


Donc : Clément D., j'habite dans plusieurs villes à la fois, dont une gouvernée par un fanatique du tableau blanc que je ne nommerai pas, mais qui a jeté plus de feutres à la poubelle que nous
tous réunis n'avons jeté de documents provenant de sa sombre matière !


 


Comme le dit si bien Ombrage au début du film "Harry Potter et l'Ordre du Phénix" : le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé. Ici c'est encore pire, car le tableau blanc est du
progrès négatif ! Conclusion : la régression pour la régression ne doit pas être encouragée !


Encore une chose très importante : certes, la craie produit un crissement assez désagréable, mais le feutre qui couine, il n'y a rien qui donne plus envie de jeter le prof par la fenètre !
Remarquez, ce ne serait pas forcément un mal, vu que souvent ce genre de désagrément se produit au 3ème étage, toujours avec les mêmes gens.


Donc : laissons les tableaux blancs le temps que ces deux individus disparaissent, et ensuite, rendons au tableau noir ce qui appartient au tableau noir ! (en plus ça tombe bien, tableau noir
rime avec César)


 


LONGUE VIE AU TABLEAU NOIR !!!


SUS AUX TABLEAUX BLANCS !!!