Réforme du lycée

Publié le par Ptit-Seb

Malgré les élections européennes, pour lesquelles je sais que vous irez voter (franchement, vous aurez quoi de mieux à faire dimanche ? Quoi la finale de Roland Garros ? ^^), nous allons parler de la France, avec le rapport sur la réforme des lycées, rendu aujourd'hui par Richard Descoings.

Pour une fois qu'on entend quelque chose qui n'est pas absurde sur l'éducation nationale, autant le souligner. Globalement, ce rapport a l'air plutôt bon. Il est aussi d'une concertation de plusieurs mois avec des profs, et des lycéens. Les syndicats étudiants, et même le PS n'ont trouvé que peu de chose à y redire.

Je n'ai pas lu les 87 pages de ce rapport téléchargeable ici, mais seulement un résumé, et le passage concernant les filières S/ES/L. L'impression que j'en ai, et qui est agréable, c'est que ce type a compris comment fonctionnait le lycée, et ce qui clochait. Ce n'est le cas d'aucun journaliste dont j'ai pu lire l'article : la plupart du temps, les journaux n'évoquent que des polémiques stupides avec beaucoup d'aberrations (je vais créer une page spéciale pour dire tout le mal que je pense de la presse ^^).



Tout d'abord, il propose de mettre l'accent sur l'orientation. Il précise que les conseillers d'orientation (dont je suis le premier à dénoncer l'incompétence) sont d'une part, trop peu nombreux, mais aussi qu'ils ne connaissent pas les élèves, et les orientent non pas selon ce qu'ils aiment, ou veulent faire, mais en fonction de leurs notes. Cela accentue les inégalités entre les filières : les "bons élèves" vont en S, mais paradoxalement, le niveau d'enseignement scientifique est faible (quiconque a fait une prépa math après une term S le sait). Des élèves qui ne sont pas passionnés par les sciences se dirigent vers cette voie parce qu'il "y a des débouchés", et s'y trouvent en difficulté. La série ES récupère les "élèves moyens", ou ceux qui voulait se débarrasser de la physique, et la série L récupère les moins bon élèves. La raison est évidente : le niveau imposé dans les matières littéraires n'est pas mauvais, et il est justement plus difficile d'obtenir d'excellentes notes, donc un meilleur dossier. Mais comme le niveau des matières scientifiques, importantes AUSSI pour les littéraires (un commentaire intéressant lu sur le site du Monde : connaître le monde ou vivent les humains, n'est ce pas aussi une science humaine, digne de la filière littéraire ?), est dérisoire, les débouchés sont faibles.
Le projet est donc de rééquilibrer (intelligemment) les filières, voir de rester plus général plus longtemps, pour permettre une spécialisation plus forte et plus efficace en terminale. En fait j'espère qu'on pourra sortir des préjugés stupides qui classent les gens en fonction de leur filière, du style "les S sont trop carrés, pas ouvert sur le monde", "les L sont plus au fait de la société, ils connaissent la vie tu vois (-ouai mais c'est des  connards de hippies)", etc... On sort un peu du sujet, mais pour moi, un scientifique qui n'ouvre jamais un journal rate quelque chose, de même qu'un économiste qui parle de l'écologie sans jamais lire une revue scientifique (après on nous raconte que les éoliennes vont sauver le monde...).
Autre point évoqué qui remonte au collège : le choix de l'option en seconde peut jouer un rôle important dans le choix de la filière par la suite, ce qui impose un choix d'orientation très tôt - trop tôt.


Le rapport propose aussi de revoir les enseignements. Parmi cela, renforcer l'apprentissage des langues, notamment en série L (mais pas seulement). Là encore, j'applaudis des deux mains. Je me rend bien compte aujourd'hui, alors que je consulte les offres d'apprentissage, que mon piètre niveau d'anglais (pas que j'ai des mauvaises notes pourtant, mais entre les cours d'anglais et la vrai vie...) est un handicap.

Voilà, je vais m'arrêter là, il y a certainement plein d'autres choses à dire, et des critiques sûrement, mais pour ça, il faudrait que je le lise en entier.
Bonne soirée !

Commenter cet article