Comment donner tord à mes compères orthographistes

Publié le par Ptit-Seb

Imaginez si à partir de demain on devait modifier notre orthographe. Par exemple écrire :
dificile au lieu de difficile,
colège au lieu de collège,
apeler au lieu de appeler,
bibliotèque au lieu de bibliothèque,
cronique au lieu de chronique,
daufin au lieu de dauphin,
des animaus au lieu de des animaux.

Voilà qui m'arrangerait bien... mais qui feraient gémir de rage les puristes de la langue française. C'est pourtant ce que propose André Chervel, qui n'est pas le dernier des incultes en la matière, dans sa dernière interview au Monde. Autant dire que le débat fait rage dans les commentaires : les passionés de lettres et les plus agés frustrés de leur dificile apprentissage lorsqu'ils étaient jeunes, défendent bec et ongles les valeurs que transporte notre belle langue française. En face, ceux qui auraient aimé passer plus de temps à étudier les maths et les langues étrangères, disciplines plus utiles à la survie dans la jungle capitaliste occidentale, et qui considèrent comme M. Chervel, que la dificulté de la langue est facteur de fracture sociale.

Qu'en pense-je ? Chacun ici doit être bien persuadé de ma haine profonde pour le langage SMS, sois disant "jeune", qui, au lieu d'être une facilité de communication écrite imposée par l'usage des portables et ordinateurs, est un instrument de fatigue intense pour mes neurones déjà fatigués, étant donné la complexité du décryptage inhérent à ce mode de dialogue. Mais le mal que j'ai eu à orthographier le mot inhérent est bien la preuve que mêmes les esprits les plus afutés peuvent connaitre quelques difficultés inutiles qui n'apportent pas grand chose finalement. Car ce qui choque lors de la lecture d'un texte mal écrit, ce sont bien les erreurs de syntaxe et de grammaire (s'est au lieu de c'est, erreurs non banale mais bien commune, que j'ai même pu trouver dans un article concocté par deux de mes professeurs d'économie).

Non que je sois moi même à l'abris (c'est le moins qu'on puisse dire) de ces erreurs qui parsèment mes papiers (ou plutôt mes écrans), mais ces règles de grammaire relèvent plutôt de la reflexion, elles traduisent un sens, et apportent quelque chose à la phrase, alors qu'on en conviendra, le "h" à "inhérent", on ne peut pas le deviner, et on s'en passerait très bien, de même que l'individu lambda, même s'il a bien travaillé à l'école, n'est pas forcé de savoir quand un mot qu'il utilise peu comporte un ou deux "m". Si j'exagérais, et j'aime ça, je pourrais même accuser la complexité de l'orthographe d'appauvrir le vocabulaire des nouvelles générations. Qui ne s'est jamais résigné à écrire une banalité sur sa copie de philosophie alors que son esprit bouillonait de belles choses qu'il ne pouvait, hélas, orthographier ? 

A une internaute qui proposait, et ce n'était pas idiot, de rétablir l'usage des dictionnaires dans les examens, je répondrais que la majorité des épreuves sont très courtes. Je dois déjà me faire violence pour racourcir mes réponses et renoncer à soigner ma graphie qui en aurait bien besoin, si je devais en plus passer du temps avec ce brave Robert, je serais mal !

Je milite donc pour la simplification de l'orthographe française, et le renoncement à corriger mes copies et mes articles. Pour coroborer ma position, je renonce à relire cet article, et les commentateurs-correcteurs intempestifs seront férocement censurés.

PS : Cet article n'est pas (complètement) à prendre au sérieux.

Publié dans Tordu

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Gérard 11/12/2008 18:15

BOOUUUHHH ça t'arrange bien, hein ?

Pauline 09/12/2008 10:41

Mdr tu me fais tripper, je croyais pas que ça existait + tordu que moi lol.
BisouxXx

Ptit-Seb 11/12/2008 18:59


Et ben tu vois, ça existe ! :D