Sarkozy, le retour.

Publié le par Ptit-Seb

On en parle partout, il fallait bien que je fasse mon petit commentaire personnel sur le discours du président, qui depuis un moment, s'était fait discret.

Il faut bien dire qu'il n'y avait pas de quoi être fier : l'impopularité d'un président après plusieurs mois de mandats n'est pas surprenante, mais à ce point... La mission était difficile : regagner sa popularité, justifier les "couacs" du gouvernement... On pouvait redouter un discours hautement démagogique. On y a pourtant échappé. Le président confirme sa politique, il ne compte pas en changer, encore qu'il reconnaisse quelques erreurs, et il le dit clairement. Il a aussi parfaitement raison lorsqu'il explique que son mandat ne se déroule pas dans un contexte internationale propice. La hausse du prix du pétrole, il n'y peut rien. La crise financière et économique, il n'y peut rien non plus. Je crois qu'il serait déplacé de vouloir lui mettre sur le dos tous les maux de la France : je ne suis pas certain que sur la baisse du pouvoir d'achat, Ségolène Royal aurait fait mieux. (Le SMIC a 1500€ ? Elle n'y croyait pas elle même...).
Sur certains aspects, Nicolas Sarkozy semble agir comme un vrai Président, et non plus comme un enfant colérique. Ainsi, il est bon (mais normal !), qu'il se donne la peine de dénoncer les violations des droits de l'homme dans certains pays ou qu'il insiste pour renouer un dialogue avec la Chine (réagir contre les actes du gouvernement Chinois : oui, mais devenir Chinois-phobe ne permettrait certainement pas d'arranger les choses). De même, son attachement à lutter pour la libération d'Ingrid Betancourt, à prendre des initiatives, à rechercher le dialogues malgré des conditions difficiles, est très respectable.
Notre Président ne retournera donc pas sa veste, et il marque son intention de redonner à la France une place dans la politique internationale.

Néanmoins, plusieurs choses m'ont frappé dans ce discours. Tout d'abord, même si on devrait y être accoutumé, c'est l'agressivité de Nicolas Sarkozy, qui va jusqu'à interroger les journalistes sur leur opinion et leurs connaissances en histoires pour les "piéger". Or, si l'avis personnel du Président est important dans un tel discours, on se moque complètement de savoir ce que pensent les journalistes : ils sont là pour transmettre au Chef de l'Etat les questions des français. Un Président dynamique, c'est bien, agressif et méprisant, ça l'est moins. Par ailleurs, alors qu'il devait clarifier les choses, je trouve que son discours est resté plutôt embrouillé, assez vague. Il reconnaît qu'il a fait des erreurs, sans forcement les expliciter clairement, il maintient fermement les suppressions de postes, affirmant qu'elles seront justifiés par certaines mesures, mais on ne sait pas lesquelles, il soutient que le RSA sera généralisé, mais la façon dont il sera financé n'est pas détaillée... Nul doute que les explications viendront par la suite, mais les propos du Président en ce sens soulèvent déjà, des inquiétudes à gauche.

Les avis sont en fait très partagé, et il n'y a guère de surprise : pour l'UMP ce discours est très bon, pour la gauche, il est très inquiétant. Pour moi, il est mauvais : sans parler du fond (bien que ça soit le plus important), on sait que Sarkozy est un excellent orateur. Il est sorti clairement gagnant de plusieurs débats, notamment face à Le Pen, ou à Tariq Ramadan. Mais là, il m'a paru beaucoup moins bon, moins sereins face aux questions (certes assez accusatrices) des journalistes. Je doute qu'un tel discours l'aide à retrouver son ancienne popularité.

Pour résumer, je dirais que ce discours n'est pas vraiment fait pour me rassurer. Néanmoins, je crois qu'au moins sur la scène internationale, Sarkozy n'est pas un mauvais Président (même si bien sur, il y a certaines choses sur lesquelles je nuancerai mes propos...)

(Deux "compliments" sur Sarkozy en deux jours, ça va en étonner plus d'un ! Mais entre les paroles et les actes, il y aura, je n'en doute pas, beaucoup de choses à dire.)

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