Identité nationale

Publié le par Ptit-Seb

Immigration ou pas ?

On ne parle plus tellement en ce moment d'immigration, de sans-papiers, ou test ADN. Pourtant ce problème est loin d'être réglé, et pour les personne concernées, il demeure même si on n'en parle plus dans les médias. Si je relance le sujet sur mon blog, c'est que des manifestations auront lieu ce week-end à Paris contre « l'immigration jetable » (pour plus d'infos, cliquez sur l'image.)



J'en profite donc pour vous faire part de ma position personnelle sur le sujet. La dernière fois que j'ai eu l'occasion de débattre sur ce sujet, on m'a traité d'anarchiste (pourquoi range t-on les anarchistes à gauche à propos ? De même, pourquoi dit-on des catholiques qu'ils sont à droite ? J'y reviendrais...). Aussi je tacherai de mener cette démonstration de façon aussi rationnelle que j'en suis capable, afin de bien faire comprendre que je ne suis pas anarchiste, mais simplement... humain, et tolérant.

Pour répondre à cette question, je me suis demandé si un dirigeant politique qui doit faire un choix en terme de politique d'immigration devait penser du point de vue de l'Etat, du pays, ou du point de vue de l'être humain qu'il est. Car oui, nos dirigeants sont bien des humains, et je ne peux d'ailleurs m'empêcher de penser que tous, malgré toutes les critiques que je peux en faire, cherchent à leur manière à améliorer la vie de chacun. Le mieux est donc sans doute d'étudier les deux points de vue. Partons du principe que l'immigration est un problème pour l'économie française (hypothèse d'actualité).

Pour raisonner du point de vue de la France en tant que pays, je ferais appel à un peu d'histoire. J'entend les rires s'élever, et je les comprend. Si je me met à faire de l'histoire, ça risque de ne pas être triste. J'y viendrais. L'une des réponse au problème de l'immigration est celle ci : on renvoie les étrangers chez eux (est-ce vraiment chez eux ?), mais on aide les pays pauvres -pardon, les PED- à se développer pour offrir de meilleur conditions de vie à leurs ressortissants. En soit, je suis d'accord, quoique je serais plus modéré sur la première partie. Mais ne soyons pas naïf : le climat international n'est pas à l'entraide : regardez par exemple la part infime, ridicule, du commerce équitable dans les échanges mondiaux !  Pour une grande part, les « chez eux » où on voudrait renvoyer les immigrants, sont des pays qui ont été colonisés par la France, la Grande Bretagne, l'Espagne, et d'autres. Il est d'actualité d'insister dans les lycées sur le fait que la colonisation a apporté l'éducation, la santé et quelques autres avantages à ces pays, mais elle a surtout servi à rapatrier les richesses de ces territoires vers l'Europe, facilitant notre propre développement, au mépris de leur économie ! Pour ce qui est de l'éducation, les cerveaux issus de ces pays sont vites recrutés par des entreprises américaines, et ne contribuent donc pas au développement de leur pays natal (qui ne ferait pas comme eux ?) ; quant à la santé, les pays développés se réfugient derrière les lois anti-dumping de l'OMC afin de ne pas fournir des médicaments à moindres coût pour limiter les dégâts du SIDA en Afrique...
Je crois ainsi que l'histoire ne nous autorise pas à rejeter les étrangers, et laisser de la sorte leur pays dans de grandes difficultés. (Là normalement je devrais proposer des solutions, mais bon... je n'en suis pas là.)


On va alors me rétorquer (en tout cas c'est ce que je ferais), que l'histoire parle d'un autre temps, avec d'autres individus : on n'est pas responsable des actes de nos anciens ! Certes. Alors raisonnons du point de vue humain. Deux aspects la dessus. D'une part il y a un aspect pratique à prendre en compte. Pour M. Sarkozy, il s'agit de chiffres. Une variation négative du nombre d'étrangers en France, suivi selon ses prévisions d'une variation négative du chômage et de la pauvreté (Il y a peut être un multiplicateur pour ça ;-) ). Aucun problème, disons que ça marche. M. Sarkozy est satisfait. Mais en Face d'eux, les policiers chargés de ces expulsions, n'ont pas un nombre écrit sur une feuille, mais bien de vrais être humains, hommes, femmes, noirs, jaunes, verts (pas encore, mais l'astronomie progresse) ; ce sont bien des êtres humains qu'on emmène de force dans un avion à destination de quelques milliers de kilomètres plus au sud. Je pense qu'il faut être sacrément professionnel pour se convaincre qu'on le fait pour la France, ou parce que ce sont les ordres... Plus simplement, d'un point de vue moral, sur le fond on est tous d'accord. Tout le monde a appris à l'école les bases : on est tous égaux, on est tous pareils à quelques détails près (des mélanocytes plus efficaces en raison de l'environnement extérieur par exemple), bref, un français à la même valeur qu'un arabe ou qu'un papou. Et sans doute je me trompe, parce que je ne tient pas compte des lois françaises, des principes de la nationalité etc., mais pour moi, partant de ce principe là, il n'y a aucune raison pour refuser d'accueillir ceux qui le souhaitent. Peut être que ça posera des difficultés pour la France, que l'économie en souffrira, mais tant pis. Moi aussi je souhaite avoir un gros salaire, voir mon pouvoir d'achat augmenter, mais je n'accepte la situation actuelle, je n'accepte qu'on juge les individus sur leur rentabilité plutôt que sur leur personne (je pense à l'immigration choisie), ou sur leur sang (je pense aux tests ADN). On ne peut pas interdire aux gens d'avoir un avenir, et surtout, lois ou pas, à moins de matérialiser nos frontière par un mur surmonté de barbelés, on n'empêchera jamais ceux qui cherchent un peu d'espoir, de tenter leur chance.

J'aurais aimé être plus précis, surtout sur la fin, mais avec ma fâcheuse manie d'écrire le soir, il est assez tard, et l'article est déjà un peu long.

Bonne soirée à tous et à bientôt pour un nouvel article philosophico politique (voir une parenthèse, plus haut).

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